Au1-1  Accueil

Aux auteurs inconnus,

Sur le Net on ne lit pas, on surfe, on zappe. J'irai donc au plus court.

    1 - Tout le monde sait qu'on ne vend pas sur le Net son livre autoédité . Pourquoi ne le vend-on pas ? Parce que la pochette-surprise est passée de mode. Un livre inconnu se vend parce que quelqu'un l'a lu et vous le recommande ; c'est généralement un Critique professionnel. A ce moment-là il devient connu et ça se répète. Ensuite on connaît l'auteur et l'on y revient ou pas, les yeux fermés. Sinon on le feuillette dans une librairie avant de se décider.

    2- Sur le Net, Il y a un petit nombre de bons livres autoédités et, dans le tas, c'est miracle d'y tomber dessus. A moins d'avoir écrit un "Autant en emporte le vent" , cela restera un secret entre vous et votre lecteur : L'on ne recommande pas la boutique où l'on a trouvé un bon saucisson, sans plus, si le reste auquel on a tâté est immangeable.

    3 - Si vous êtes sûr d'avoir un bon livre, vous pouvez toujours, avec quelques centaines ou milliers d'euros, faire votre publicité dans les journaux et revues. Mais peut-être n'êtes-vous pas prêts à faire ce pari sur la valeur de votre livre.

    4 - Les éditeurs, vous ont refusé votre livre et pourtant le sujet en est bon, l'écriture excellente. Alors vous persistez et vous avez raison ; même l'auteur de "Harry Potter" a fini par trouver un éditeur... au bout d'un an, c'est ce qui se dit. Vous trouverez le vôtre, cela est certains... dans dix ans, dans vingt ans ? Et si vous êtes pressé, en attendant vous n'osez pas le mettre sur le Net au risque de contrarier un éditeur potentiel, ce qui ne serait pas le cas car, si vous en vendiez un mille sur le site Tartempion, vous n'auriez plus de problème à ce qu'on vous l'éditât ; de toute façon pour l'instant ça ne sert à rien.

    5 - Alors que faire ? C'est simple : ouvrez une librairie. Vous y vendrez votre livre à condition d'en avoir beaucoup d'autres dignes d'être lus sinon, comme sur le Net, le lecteur ne reviendra plus. Mais s'il est satisfait des quatre ou cinq bouquins qu'il aura pris chez vous, il y a des chances que cela se dise, se répande.

    6 - Et si l'on ouvrait une librairie sur le Net ? Tout au moins quelque chose qui s'en approchât le plus possible, ne serais-ce pas une solution ? Les marchands de livres ne font pas autre chose. Ils vendent essentiellement des classiques libérés de droits, de frais de lancement, de publicité, etc., et à moi la bonne soupe. Il paraît qu'ils en vendent de plus en plus. Les éditeurs, eux, se servent aussi du Net, pourquoi s'en priveraient-ils alors que la publicité faite par ailleurs les soutient ?

    7 - Ouvrons donc une librairie. Mais pas n'importe laquelle. Il y a des lecteurs peu aventureux, qui n'achètent qu'après avoir lu ou entendu la critique. Il y a ceux qui aiment découvrir et se fient à eux-mêmes, avec les derniers, les plus nombreux, qui font les deux. La seule manière de convaincre ces lecteurs de choisir telle ou telle lecture est de leur en donner un large aperçu. Ensuite ils le feront savoir, diront à leurs amis et connaissances qu'il y a là un site intéressant. Ce ne sont pas les pirouettes et entrechats sur la personnalité, les mérites, d'un autoédité sur le Net qui va les convaincrent, et pour cause (voir plus haut).

    8 - Sur le Net, les classiques se vendent alors que le plus souvent, il suffit d'aller à côté pour les charger in extenso. Se refuser à divulguer 10 % d'un texte, c'est préférer en garder les exemplaires, bien au chaud dans leurs cartons d'emballage.

    9 - Il y a des centaines de milliers de Français qui écrivent, des dizaines de milliers qui voudraient être édités, quinze mille, dit-on, édités ou réédités chaque année. Il doit bien en rester autant qui mériteraient de l'être et ne le sont pas. Ceux sont ceux-là que je voudrais bien pouvoir contacter, convaincre. Mais où, comment ? Le plus difficile et l'amorce : en trouver dix parmi les bons qui à leur tour, je l'espère, feraient l'effort d'en amener d'autres et ainsi de suite ; les gens qui écrivent  se connaissent et sont à même d'apprécier ce que les autres écrivent. Ce serait en quelque sorte de bons recruteurs. Imaginez cinq cents auteurs autoédités, la plume alerte, réunis, eux et leurs extraits de textes sur un site... Ils en faudrait bien moins que cela pour commencer à séduire un lectorat curieux, puis fidèle. Alors, lesquels vont comprendre qu'il faut bien qu'il y est les premiers qui se décident pour faire venir les autres ?

    10 - Mon intérêt : Bien sûr, la peine que je prends n'est pas gratuite. Mon intérêt est de faire lire le seul livre que j'ai écrit : les nouvelles, contes pour enfants, et quelques autres bricoles, c'était pour m'amuser. Le livre, lui, est le résultat de plus d'un demi siècle d'observation. (Cela m'embête de vous raconter ma vie, mais quelqu'un m'a déjà dit avec raison : "Il y a trop de personnes sur le net qui se baladent avec un faux nez"). Donc je ne suis pas un auteur et ce livre, qui est un essai, m'a été refusé par la douzaine d'éditeurs les plus en vue. Sur leur formule de rejet, certains ont ajouté : malgré l'intérêt du sujet et la qualité d'écriture ou encore : décisions qu'il nous arrive de regretter par la suite. Peut importe leurs raisons ; ce serait trop long à expliquer.
    Mon second intérêt serait de voir de jeunes auteurs ne pas abandonner, qu'ils puissent vivre avec une vente de cinq mille livres par ans, en un ou plusieurs titres. Pourquoi et comment cela se pourrait-il ? Si vous n'êtes pas lassés, lisez la fin.


    LE LIVRE DEMAIN !

    En 1895, le cinématographe n'avait pas d'avenir, curiosité, sans plus, il devait le rester. Il a fallu trente-cinq ans, grâce à quelques fadas (comme on dit chez moi) pour commencer à en faire quelque chose. Heureusement, des fadas il y en eut.
     Ce jour d'hui il en est au moins un qui croit :
    Que l'Informatique n'a pas dit son dernier mot.
   Que bientôt l'on disposera d'imprimantes individuelles sûres et encore plus rapides.
    Que des relieuses individuelles fabriqueront les livres presque toutes seules.
  Que les tirages à quelques centaines d'exemplaires ne seront plus un problème.
    Qu'en attendant il y a des imprimeurs.
    Que les fadas comme moi auront bricolé des sites littéraires adéquats où le lecteur ne trébuchera pas sur des peaux de bananes dans des labyrinthes où il se perd.
    Que les CD ne seront plus imprimables qu'une seule fois. (Le lecteur pourra fabriquer son livre s'il le désire).
    Que ces mêmes CD pourront être lus à l'écran autant que l'on veux, comme un livre.
    Que les édités ayant reçu 10 à 15 % sur le prix de leurs livres, commenceront à ce poser des questions.
    Que ces édités les résoudront en doublant leurs revenus, en s'autoéditant, imprimant, reliant et expédiant leurs oeuvres, tout en les vendant à un prix moindre. Surtout si le livre suivant est refusé par les éditeurs.
    Que ceux qui tirent à 100.000 exemplaires feront de même en embauchant une secrétaire, expéditrice, comptable, etc.
    Que les Critiques payés par leur Rédaction, viendront picorer le Net pour y cueillir leurs substances nourricières ; encouragés par les éditeurs actuellement, rien n'interdira aux auteurs de s'assurer à leur tour leurs services.
    Que les auteurs, aussi bien, pourront faire eux-mêmes leur publicité dans les journaux (papier) ou ailleurs si ces derniers n'existent plus.
    Que les lecteurs, ayant une partie de l'ouvrage sous les yeux, s'habitueront à choisir plus souvent, tous seuls, comme des grands, quelle lecture va leur servir de somnifère.
    Que les tirages astronomiques des prix littéraires, baisseront.
    Que ces baisses de tirages se reporteront sur les dix recalés, et cinquante autres qui les valent bien mais dont aujourd'hui vous n'entendez pas parler au regard, bien souvent, de miraculeux premiers prix .
    Qu'ainsi un auteur pourra vivre et continuer à écrire à plein temps avec quelques bouquins et quelques milliers de ventes annuelles au total.
    Que, pour une fois que vous avez les mains libres, que ça ne dépend de personne, que de vous, vous devriez commencer à réfléchir.
    Que si ce n'est pas le cas, vous avez tort.
    Que je viens de briser ma boule de cristal et ne peux vous en dire plus.
    Que si vous avez tout lu jusqu'ici, de nos jours c'est un exploit pour 90 % de la population internautique.
     Que je vous dois un bravo et merci.

                                            Robert Béraud

P.S. : A dans 30 ans ou maintenant ?